Soom Messages postés : 849 ouvrière syndiquée  |
Posté le 12/04/2008 02:15:19 | | La trahison du corps aussi, sensation morte, chair à supplice, avec un œil machoire qui comme gonfle, un univers en expansion qui vous comprime le fond de l’œil et la boite crânienne en plus. Et cet os qui perce sous la joue pour vous jeter dans des basses-fosses. Cet os qui relie l’œil à la dent, sans lieu d’origine, douleur incertaine, confuse, indistincte, mais pourtant bien réelle, bien présente, elle se rappelle à chaque instant lancine le cœur, déforme le corps, elle fait craquer le cadre, elle déchire la chair de la joue, perce, sous la peau, bouleversant l’image de soi. La nausée n’est pas en reste, bien sûr. L’oreille rejoint le petit groupe. « Moi aussi, moi aussi ! » piaille-t-elle. Vomir peut-être ? Mais pour quoi faire ?
On se traîne une gueule de chien. L’œil pend ou bout du fil. Il fixe le cou. On ne s’appartient plus. C’est toute une industrie qu’on a là-dessous. Le chien mâchoire laboure le cerveau de sa truffe. Quelqu’un abat la cloison nasale à coup de masse. Ça résonne. C’est plus qu’on ne croyait pouvoir supporter. Et pendant ce temps c’est une cité engloutie qui vous retourne l’estomac. Ça visse et ça dévisse au cruciforme à côté des tympans. Ça ne finira donc jamais ?
On paierait cher le premier loufiat venu pour qu’il vous passe le crâne à la barre de ferre.
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